Fédération de Vo Co Truyen Vietnam de France.

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1er Championnat du monde - 2016 - Retour d’expérience de Camille Martinez

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Lorsque j'ai appris que j'étais sélectionnée, j'ai été heureuse, mais anxieuse, anxieuse de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir les capacités nécessaires, ni même le temps de pouvoir progresser,  anxieuse de ne pas réussir à atteindre un niveau suffisant, mais heureuse de savoir que l'on m'accordait cette confiance pour réussir et pour représenter notre fédération.

Concernant ma préparation personnelle, bien que la leçon que j'ai présenté à la compétition est une leçon que je travaille depuis bientôt trois ans, je pense que je ne me suis pas entraînée suffisamment, je ne m'entraînais qu'une à deux fois par semaine à cause de mon manque de temps dû à mes études et à mon logement trop éloigné de mon lieu d'entraînement.

Mon premier sentiment en arrivant au Vietnam fut de la joie et de la paix, car les moments avant le voyage et pendant le voyage ont été exténuants et stressant, de par le fait que ce fut la première fois que je prenais l'avion, mais également par le fait que le voyage durait assez longtemps. Une fois arrivé, nous avons pu nous reposer et « respirer » avant le début des entraînements.

Étant donné que Samuel, Émilie et moi-même sommes arrivés avant les autres membres de l'équipe, nous avons pu bénéficier de plus de jours d'entraînement. Le premier jour d'entraînement a été assez dur moralement car Maître Oanh modifiait absolument tout. Du premier au dernier mouvement. Ce qui fut le plus difficile était de voir que les autres arrivaient à progresser dans l'enchainement et moi, je restais sur le même mouvement. En effet, quand les autres avaient déjà finis leur première partie, je n'en étais encore qu'au salut.
Puis, le premier entraînement avec toute l'équipe, fut assez étrange, j'étais assez contente que nous soyons plus nombreux, car le fait d'être entouré que de Vietnamiens, nous mettait inconsciemment la pression. Cela nous a rassuré et soulagé, mais d'un autre côté, les entraîneurs passaient moins de temps avec chacun de nous.

Physiquement l'entraînement était identique à celui en France (la chaleur en moins…), c'est à dire, un grand nombre de répétition, devoir faire un morceau de leçon les uns après les autres, les entraîneurs à côté, à nous regarder et nous corriger. Moralement, la période d'entraînement a été difficile, de nombreuses remises en question par rapport à mon niveau, du fait que je ne fais cet art martial que depuis trois ans alors que les autres ont de nombreuses années de pratique, par rapport à mes capacités physiques, et encore de nombreux sujets. Mais également des problèmes physiques qui n'arrangeaient rien. Une chute sur le poignet, qui m'a rendue dans l'incapacité de le bouger pendant un ou deux jours et le fait d'être malade les derniers jours avant la compétition. Je tiens également à signaler que nous avons été, durant la période d'entraînement, complètement immergés dans la vie vietnamienne, nous avons tous mangés chaque repas ensemble chez la Maître Oanh et avec quelques élèves. Nous avons fait également connaissance avec de nombreux élèves de l'équipe de la ville d'Ho Chi Minh, ils nous ont conseillé lorsque nous en avions besoin et nous nous sommes encouragés les uns les autres lorsque nous étions en difficultés.

J’ai assez mal vécu la compétition, car l'organisation était assez inhabituelle dans plusieurs domaines. Cela m'a fortement déstabilisé et ne m'a pas permis d'apprécier pleinement le moment. De plus,  Morgane, Émilie et moi avons dû patienter et stresser jusqu'à l'après midi, alors que nous pensions faire nos épreuves le matin. Durant la compétition, l'équipe du Viêtnam et la nôtre se sont soutenus mutuellement ce qui a permis d'instaurer une certaine cohésion entre nos deux équipes. Par ailleurs, à la fin de la compétition notre équipe a été de nombreuse fois appelée pour faire des photos et des interviews avec de nombreuses autres équipes nationales. Il y a d'ailleurs, de nombreux articles, d'émissions télévisées vietnamiennes qui ont parlées de nous. Tout cela a permis d'égayer l'événement pour chacun et d'effacer les tracas.

Une fois les épreuves terminées, j’étais très déçu par ma prestation au sabre, en effet, je n'étais pas au mieux de ma forme, mes mouvements n'étaient pas nettes et mes positions n'étaient pas stables. Malgré cela, je suis tout de même arrivée deuxième, ce qui m'a quand même soulagé. De plus, je suis passée juste avant mes deux coéquipières, ce qui m'a permis de me changer les idées, car je me devais de les soutenir et de les encourager avant, pendant et à la fin de leurs épreuves.  Enfin, pour le combat à 3, je suis très satisfaite d'avoir participé pour la première fois à une prestation réunissant trois élèves, de trois écoles différentes. Cette épreuves restera très enrichissante et une très bonne expérience de partage, d'unisson.

Les jours qui ont suivi la compétition, j'ai été soulagée, le stress a pu retomber et l'atmosphère entre nous s'est détendu grâce à des sorties de cohésion avec l'ensemble de l'équipe, la Maître Oanh et certains membres de l'équipe du Viêtnam, cela a évidemment permis de resserrer nos lien et de nous détendre. Cependant, je dois avouer que mon « échec » sur la leçon de sabre restait dans mon esprit.

Malgré le fait que je ne connaisse qu'un seul des membres de l'équipe d'élite, mon intégration dans l'équipe s'est très bien passée, même s'il y a pu y avoir quelques tensions de temps en temps, ce qui est tout à fait normal au sein d'un groupe. Cela a permis par la suite, de nous rapprocher car nous avons été très bien encadré pour nous éviter de faire des actions ou d'avoir des comportements disproportionnés et ainsi nous permettre de mieux nous comprendre.

Pour cette compétition je pense avoir été très bien préparée, le fait d'avoir trois encadrants, les maîtres Stéphane, Cam Tu, Anthony et Oanh, autour de nous, peut-être parfois très stressant, voir oppressant, mais c'est ce qui nous a permis de réellement progresser et de ne pas ressentir le stress de la foule lors de notre passage pendant la compétition. En effet, nous avons dû passer chacun notre tour devant tous les élèves qui se trouvaient sur le lieu d'entraînement, pour nous habituer à passer devant beaucoup de monde.

Par la suite, je souhaite évidemment progresser dans le Vo Co Truyen, mais également continuer de me porter volontaire pour aider la FVCTVNF.  Cependant, je ne sais pas encore si j'aurais les disponibilités nécessaires et suffisantes à cause de mes études, pour continuer de m'entraîner et d'assurer ma place dans l'équipe d'élite.

Pour conclure, je garderais un souvenir inoubliable de ce séjour, nous avons vécu des moments forts et intenses, que ce soit en commun ou individuellement. J'ai eu énormément de plaisir à apprendre à connaître chacun des membres de l'équipe, nous avons tous été choisis dans le but de réussir, et c'est ce chacun de nous a fait. Nous avons partagé quelques larmes mais surtout beaucoup de rires.

Je tiens à remercier tous les membres de l'équipe, les encadrants de nous avoir fait progresser aussi vite et les membres de l'équipe du Viêtnam de nous avoir accueilli et encouragé comme leurs frères et sœurs.

Camille Martinez
de l’école Thanh Long Võ Đạo à Marseille – 13
Elève de M Anthony NGUYEN.

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